Adama Ouedraogo 

          le maître des flûtes peuhles

PREMIER ALBUM :  sortie   le  19 Novembre 2016

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CHRONOLOGIE D’UN APPRENTISSAGE 


Le multi-instrumentiste et compositeur Adama Ouedraogo - également  pédagogue - naît en 1964 à Ouagadougou, capitale du BURKINA FASO (Le pays des hommes intègres). Sa famille appartient à l’ethnie Mossi qui constitue  la communauté la plus nombreuse du pays.

Adama Ouedraogo  grandit dans la province du Kouritenga – située au Centre-Est. Dans ce milieu essentiellement rural, Adama est  environné par la sonorité des instruments de musique traditionnelle : tambour, guitare mossi (koundé ), corne de bœuf (barogo) et  kalimba dont les origines  remontent à l’Egypte antique.

A l’âge de six ans, Adama entend son grand-père et ses oncles jouer de la méénome, une flûte en tige de mil. Mais le premier instrument qu’il fut amené à pratiquer ce sont…ses mains, qui lui permettaient  de communiquer avec les autres bergers . Aujourd’hui encore, Adama Ouedraogo, en soufflant dans ses  mains jointes, est capable de reproduire fidèlement le son d’une flûte.

Et c’est seulement à l’âge de dix-huit ans - en 1982 -  que va débuter son apprentissage auprès du maître-flûtiste peuhl  Barry Adama qu’il rencontre à Bilbaa-Bili le quartier où se retrouvent les musiciens de la capitale. Le maître initie à la flûte-à-bec cet élève assidu en lui faisant interpréter la musique traditionnelle de… l’Inde !


Cet enseignement se déroule sur quatre années au cours desquelles l’élève s’exerce par lui-même à transcrire pour flûte à bec la musique qu’il entend chaque dimanche au temple  protestant du village où il a grandi. Malgré les interdits des imams, Barry Adama (lui-même de confession musulmane) encourage son élève. Celui-ci, retrouvant son maître en 1998, va alors poursuivre l’apprentissage de la flûte traditionnelle peuhle. 

« La flûte peuhle est mystique »  affirmait souvent le pédagogue à son élève.


Au cours des années 2000 et 2001, Adama Ouedraogo devient musicien professionnel au sein du groupe Watinoma et participe aux jeux-concours de musique de l’Inde qu’organise Moustapha Tombiano, de la station Horizon fm, à la Maison  du Peuple de Ouagadougou. Musicien et compositeur au sein du groupe Rayangnewind (huit membres) Adama Ouedraogo en devient le directeur artistique : en 2005, le groupe se produit pour la première fois en Belgique au festival Esperanzah! où il rencontre un grand succès.


Adama Ouedraogo participe - tout comme son ami parisien Simon Winsé - à la valorisation des musiques traditionnelles d’Afrique de l’Ouest. En Italie, lors du Festival Castalina Africa  à Albano en 2008, il retrouve plusieurs musiciens du cru qui - dix ans plus tôt - avaient bénéficié de ses enseignements à Ouagadougou. Ils avaient ensuite formé le groupe Wamdé (calebasse, en langue mossi) composé de deux danseuses et de musiciens jouant respectivement de la kora, du djembé, du double tambour (doumdoumbé),de la calebasse et  de la flûte peuhle.


Installé dans notre pays depuis 2011, il est vite reconnu par ses pairs et par bon nombre de ses compatriotes comme l’un des gardiens de la mémoire ancestrale en ce qu’il effectue un véritable travail de sauvegarde du patrimoine musical burkinabè et peuhl. Et ce, dans un contexte où la musique traditionnelle connaît une forte désaffection au Burkina Faso et dans plusieurs pays africains.


Lorsqu’il se produit en public, le musicien attire immédiatement la sympathie par les effets apaisants - quasi thérapeutiques - de ses flûtes ou de sa kalimba.


Par sa dimension humaine et sa réelle implication dans la réhabilitation des musiques traditionnelles de l’Afrique de l’Ouest, Adama Ouedraogo suscite, dans son nouveau pays d’accueil, l'estime et l' admiration. Ethnomusicologues, journalistes spécialisés, animateurs d’émissions de radio – publiques ou privées – et responsables d’associations culturelles figurent parmi les personnes, en nombre croissant, qui prodiguent au musicien burkinabè leurs chaleureux encouragements à poursuivre sa mission ...

 

 

                                                                                                                                                                             Laurent Gharibian