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                Adama Ouedraogo 

          le maître des flûtes peuhles

L'arc à bouche 

En 1999, alors qu’il assiste à un concert du groupe Fafango que dirige le saxophoniste belge Pierre Vaiana, professeur à l’Ecole Nationale de Musique du Burkina Faso, Adama Ouedraogo est fasciné par l’arc-à-bouche de Tim Winsey. Les effets sonores que permet l’instrument et le potentiel qu’il offre à tout improvisateur décident alors Adama Ouedraogo à travailler, en parallèle, l’arc à bouche .

Dans la langue de l’ethnie Samo, l’arc à bouche est appelé  Lolo. Il est fabriqué à partir de la branche du saabéga, un arbre aux fruits semblables au raisin et dont on tire un alcool .

La corde du Lolo est constituée d’une liane préalablement effilée : avec ses lèvres ou ses dents,  l’instrumentiste entre en résonance avec cette tige transversale. Selon l’intensité du souffle et les modulations de la voix, le son ainsi produit se trouve amplifié tout en prenant une étrange coloration : du grave à l’aigu, entre le parlé et le chanté,  sur un rythme syncopé ou en legato. 


 

Par ailleurs, Adama Ouedraogo joue sur une variante de l’arc à bouche (le Baïla en langue mooré, prononcer moreu).  Cet instrument est muni d’une garéga - fine corde en coton de facture traditionnelle dont la confection demande aux tisserands burkinabè une technique élaborée. Il existe aujourd'hui des Baïla munis d’un fil de nylon, ce qui permet un accordage plus précis .

Le bois dont est fait le Baïla  provient du rannéga, un arbre de la forêt.

Le Kalimba ou piano à pouce

C’est en 2000, toujours à Ouagadougou, qu’Adama Ouedraogo, sous la houlette du musicologue Alexis Yaméogo, se familiarise avec les secrets de la kalimba (en lingala, parlé en Afrique Centrale, on dit Likembé ou Sanza). L'ethnie Bissa  l'appelle Konné et les Mossi  Bussan kudé.

La kalimba se compose d’un clavier de lames en métal accordées sur un résonateur : une petite calebasse - en bois ou en carapace de tortue - munie d’une planchette sur laquelle le nombre de broches de métal est variable. Chaque musicien accorde lui-même son instrument en faisant coulisser les lamelles.

La kalimba est l’instrument privilégié des griots et des conteurs.Quant à Adama Ouedraogo il sait captiver son auditoire avec des histoires vraies...plutôt singulières.

Les Flûtes peuhles

Mais ce sont plus spécifiquement les flûtes peuhles (instrument du berger par excellence) qui ont établi  la réputation du musicien burkinabè - auquel on a donné le surnom de Flute Man. C’est à partir des musiques traditionnelles du Burkina Faso mais aussi de la Guinée, du Niger, du Mali et du Sénégal que cet artiste propose un éventail de compositions personnelles hautement originales . 


1 - La flûte Fouta Djalloo (ou Fuuta Djallon)

Flûte traversière à trois trous munie d’un embout et dont le nom provient d’une ethnie de Guinée. Avec cet instrument - également appelé Tambine -  Adama Ouedraogo se plaît, notamment, à imiter le chant des oiseaux de la forêt.


2 - La flûte à quatre trous

Utilisée au Burkina Faso, au Niger et au Mali, elle est constituée d’une tige de mil. (Mais en Afrique Centrale et dans d’autres régions de l’Afrique de l’Ouest,  elle est taillée dans le bambou).

Une fois la tige de mil évidée et percée de trous par ses soins, le musicien fait acheminer ses instruments vers son pays d’origine. Là, des artisans conçoivent et réalisent un habillage en cuir - de mouton ou de chèvre - tissé à la main et orné de motifs traditionnels.

 

Ces artisans burkinabè font de même avec les autres modèles de flûtes qui leur sont confiés : ces instruments - sans embout, c'est à noter - que fabrique également Adama Ouedraogo sont en aluminium voire en p.v.c… 

La spécificité commune à ces flûtes tient tout autant au nombre, à l’espacement et à la dimension des trous. Mais surtout à la technique de jeu .